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la congolaise
 

DE LA NON PARTICIPATION AU SYSTÈME ACTUEL


L’organisation politique d’un Etat exige l’implication de ses citoyens à tous les niveaux de la vie politique. C’est par le lien de la citoyenneté que les individus qui n’ont à la base aucun lien les uns aux autres se retrouvent dans une communauté de destin dans le cadre de l’Etat. C’est donc la citoyenneté qui est le lieu d’ancrage entre les individus de diverses origines de notre pays et sans laquelle le Congo ne serait qu’une juxtaposition d’appartenance ethnique.

Ce disant, la dimension citoyenne est multiple : Civile, Politique, et Sociale.

 Au niveau civil, il s’agit pour les individus de bénéficier des droits individuels (liberté d’expression, de conscience, liberté d’aller et de venir, droit de la propriété …)  qui se combinent aux droits politiques et sociaux ( droit à la protection sociale, à la santé, à l’éducation, et au travail.)

Tous ces droits sont contenus dans la citoyenneté qui est le lien juridique entre l’Etat et les différents individus qui sont de sa nationalité.

Ce lien juridique que constitue la citoyenneté trouve son origine dans le contrat social par lequel les populations d’un territoire confère à une autorité politique sa souveraineté pour que celle-ci puisse décider et agir en ses lieu et place.

C’est ici toute l’importance du suffrage universel et des élections dans une démocratie car c’est par ce biais que les autorités en place acquièrent la légitimité suffisante pour représenter ses populations.

Ainsi, lorsque dans un territoire donné, le processus électoral échappe aux principes de transparence et de consensus qui sont sensés reflétés l’implication des individus à la vie politique : il y a entorse à la citoyenneté.

Au Congo Brazzaville, tout le processus électoral est pris en otage par le clan au pouvoir qui impose son organisation, empêchant ainsi aux individus qui composent le territoire congolais d’exercer leurs libertés politiques et civiques.

C’est le cas du recensement administratif de la population censé constituer le fichier électoral national qui se retrouve avec des chiffres fantaisistes où des districts se voient gonflés leurs populations avec des députés en plus, et d’autres quoique ayant une population importante se retrouve avec des députés en moins.

L’élection qui est un des  modes par lequel l’individu exerce sa citoyenneté en conférant sa souveraineté à L’Etat est ainsi confisquée, et on se retrouve avec un Etat voyou dont la légitimité de la souveraineté est le fruit d’un hold up.

Dans ces conditions, les individus qui composent le territoire congolais, et qui n’ont jamais conféré leur souveraineté à l’Etat tel qu’il fonctionne actuellement, sont légitimes à ne pas s’identifier à celui-ci. La non-identification à l’Etat actuel est une forme de résistance qui consiste à boycotter les élections dont le mode d’organisation ne respecte pas les principes de transparence et de consensus. Déjà les populations congolaises savent résister à la captation illégitime de souveraineté en ne participant pas massivement aux différentes élections qui sont organisées : le taux de participation étant des plus faibles.

Ainsi, l’Etat voyou qui est en panne de souveraineté légitime va de plus en plus restreindre les espaces d’expression de la citoyenneté. Les populations se retrouvent recroquevillées sur leurs identités ethniques à défaut de champ d’expression citoyenne. Face à un Etat qui ne garanti pas la citoyenneté, les libertés politiques, civiles et sociales, il ne reste plus que la non participation à son système. En effet, l’Etat Congolais est un Etat failli, c’est à dire qu’il n’offre aucun espace citoyen à ses nationaux, au point que le seul ancrage et lieu de solidarité entre individus demeure l’ethnie.

Nous ne pouvons que prôner une non participation massive des populations au système politique qu’incarne le régime actuel. Une non participation à tous les niveaux de la vie politique, sociale et économique comme mesure conservatoire jusqu’à ce qu’un vrai contrat social soit de nouveau sceller entre le peuple et ses représentants politiques.

Pour l’instant, la vie économique est l’apanage d’un clan qui se partage les petro CFA et les congolais ne participent pas au système économique en se retrouvant dans une économie informelle : à quoi bon payer les taxes si elles vont être détournées ?

Il s’agit pour les hommes politiques de prôner la non participation qui est une forme non violente de résistance à l’oppression en incitant les congolais à ne pas participer à la vie économique, sociale et politique du pays jusqu’à ce que son suffrage soit de nouveau respecté.


Maître BRICE NZAMBA

© Cercle La Rupture, Novembre 2011

Retrouvez cet article sur Twitter @CercleLaRupture

01.11.2011. 19:20

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