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la congolaise
 

EST CE LA FIN DU COURAGE POLITIQUE ?

Me Brice NZAMBA en Juillet 2011

Le courage politique, cette aptitude qui permet au politique de poser des actes qui sont en harmonie avec l'esprit politique de son temps afin de faire évoluer l'histoire, devient de plus en plus une denrée rare dans notre pays.

L'histoire pour avancer dans un pays a besoin des hommes de conviction qui ne transigent pas avec les principes, et qui savent discerner clairement les véritables attentes du peuple pour agir conformément à celles-ci.

Le Congo notre pays a connu des moments politiques intenses où l'histoire a fait un saut qualitatif. En commençant par les trois glorieuses de 1963 durant lesquelles les syndicalistes jouèrent un rôle important pour soulever les masses congolaises contre le gouvernement de youlou.

Plus près de nous, alors que le mur de Berlin venait de s'effondrer, et que le régime monopartiste du PCT n'entendait pas transformer la vie politique congolaise en pluralisme politique, des hommes politiques congolais et certains officiers militaires ont pris leur courage et leur responsabilité en faisant avancer l'histoire à travers l'organisation de la conférence nationale qui inaugura une période qui se voulait démocratique.

Une seule constance: il est des périodes de l'histoire qui cristallisent un certain nombre de faits qui sont de nature à appeler à l'action des hommes politiques de conviction et de valeurs.

La conviction politique est donc le ferment sur lequel prospère le courage politique et qui le traverse de part en part pour s'illustrer dans des actions que le commun de mortels aurait du mal à imaginer. Lorsque les faits sociaux s'accumulent, se cristallisent et peinent à se transformer en une promesse de vie meilleure, l'histoire hésite et attend des hommes de conviction qui seuls ont un supplément de vie pour féconder l'histoire.

Faire preuve de courage politique c'est savoir écouter les cris inaudibles de la population, son profond malaise qui se faufile dans une misère silencieuse, stagnant dans une résignation teinte de joie feinte.

Lorsque le général de Gaulle lance son appel de Londres, il a su entendre dans le silence de la résignation généralisée, les véritables attentes et aspirations du peuple français. Il n'écouta que la conviction politique qui étreignait son cœur et la laissa guider son action. Le général de Gaulle apparaît ici comme le type même du courage politique qui comprit que le sens de l'histoire commandait qu'il mobilisa toutes les forces possibles pour venir à bout du régime Nazi victorieux et arrogant.

Il nous enseigne que l'homme de courage n'entend que sa conviction qu'il sait pétrir des principes les plus sacrés pour le bien de son peuple.

Matsoua, Lumumba, et bien d'autres hommes politiques de courage nous ont démontres le sens d'agir selon notre conviction et en intelligence avec les principes de dignité et de justice.

Ce chemin semble s'être étriqué au Congo Brazzaville où semble régner aujourd'hui l'absence de courage et une présence sans bornes de félonie.

Absence de courage car devant l'accumulation de la misère, de la paupérisation, et l'extrême richesse de la famille Nguesso et de ses alliés.

Devant cette balance qui penche dangereusement en défaveur des populations et dont le fléau a du mal à soutenir le poids des riches de la famille régnante, le politique se fait rare, et sa parole rarissime.
Alors que l'histoire appelle à son évolution et au triomphe des aspirations des populations, qui ne sont pas celles de participer à une élection législative, moins encore de consolider le système politique actuel déficitaire en respect des droits fondamentaux, mais de renverser purement et simplement le régime actuel.

Non, les populations tunisiennes n'ont pas attendues les élections législatives, moins encore les présidentielles, pour sonner le glas du régime ben Ali et de sa famille. En Egypte, les populations n'ont pas non plus attendues les élections: quand une dictature doit partir, elle doit partir.

Cette sentence ne devient une réalité que lorsque s'élèvent des hommes politiques qui ne transigent pas avec les principes ou qui ne sont pas adeptes des compromis à caractère tribal ou de la critique mièvre.

Nous devons savoir clairement ce que veut notre peuple, avoir conscience de ses souffrances les plus inaudibles, aller au delà de la sapologie ou des ngandas, pour comprendre que notre peuple nous appelle du plus profond de son génie qui peine à éclore. Notre peuple nous appelle pour faire avancer l'histoire de notre pays où tout semble s'être arrêté autour de la famille Nguesso et de ses alliés.

L'histoire s'est arrêtée au Congo depuis que les hommes de courage ont disparu de la scène politique, et que tout se cristallise et s'accumule.

Sachons prendre notre courage pour accompagner le sens de l'histoire qui n'est autre que celui de LA RUPTURE avec la classe politique actuelle.


Maître BRICE NZAMBA

© Cercle La Rupture, Août 2011

Retrouvez cet article sur Twitter @CercleLaRupture

09.08.2011. 16:19

Star le 13.08.2011. 18:05

Thank you so much for this atrcile, it saved me time!

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