LE RETOUR DE L’ANCIEN ORDRE POLITIQUE
Lorsqu’un ancien ordre politique est balayé par un nouvel ordre politique, il incombe à l’élite contemporaine de cette révolution de prendre toute mesure utile pour empêcher le retour de l’ancien ordre et créer les conditions nécessaires pour concrétiser l’idéal que porte le nouvel ordre politique.
Cette maxime est d’autant plus importante, qu’une révolution ne doit jamais être menée à la légère car les forces qui constituent l’ancien ordre sont par nature vivaces, et ne se laissent pas déraciner du jour au lendemain.
En effet, lorsque les révolutionnaires français avaient renversé l’ordre monarchique constitué des privilèges du fait de la naissance, de la servitude des français considérés comme des sujets et non des citoyens, l’élite française révolutionnaire a dû faire preuve de courage persévérant, de vision, et d’organisation pour maintenir allumer le feu de la liberté, d’égalité et de fraternité allumé en 1789.
Aussi, malgré les coups d’Etat restaurant la monarchie, les républicains ont su rester constant dans la défense des valeurs de la révolution en parfaite osmose avec les attentes de liberté de la population française.
C’est dire que lorsque la liberté vient d’éclore, elle est fragile et doit toujours être protégée des pesanteurs de l’ancien ordre qui comme la nuit, menace toujours d’engloutir le jour.
Cette maxime de vigilance politique, notre classe politique en a fait superbement défaut durant la petite expérience démocratique que notre pays a vécu.
La constitution du 15 mars 1992 dans son préambule annonçait un nouvel ordre politique se substituant à l’ancien ordre où le coup d’Etat s’était inscrit dans l’histoire politique du Congo comme seul moyen d’accéder au pouvoir. Le préambule de cette constitution du nouvel ordre politique précise que l’intolérance et la violence politique ont fortement endeuillé le pays, entretenu et accru la haine et les divisions entre les différentes communautés qui constituent la nation congolaise.
Il est clair que l’ancien ordre évoquait le monopartisme et sa culture politique faite d’enrichissement illicite, de violence politique, et de refus du débat contradictoire.
L’élite politique actrice de LA RUPTURE avec cet ancien ordre devait donc innover en matière de culture politique, ne plus agir conformément à la culture politique de l’ancien ordre afin d’empêcher à jamais l’ancien ordre de ressurgir.
Malheureusement, au sein de l’élite qui avait initié ce passage au nouvel ordre, il n’eut pas de RUPTURE dans la culture politique, elle s’inscrivit ainsi dans la même culture politique que l’ancien ordre tant décrié.
Aussi, les nouvelles institutions démocratiques faute d’une élite vertueuse, sombra dans le piège de la violence en prêtant le flanc à l’ancien ordre qui excelle sur ce terrain.
C’est ainsi que sous nos yeux ébahis, l’ancien ordre revint en force dans la violence la plus barbare et une arrogance sans commune mesure avec la période du monopartisme.
C’est le moment ou jamais pour les véritables républicains et démocrates de redoubler de courage persévérant et d’abnégation pour aboutir à la restauration de la démocratie confisquée par l’ancien ordre.
Nous assistons aujourd’hui au retour du monopartisme, un monopartisme light qui n’accepte aucun débat contradictoire, aucune manifestation, aucune liberté syndicale, s’appuyant sur la force militaire et phagocytant les partis dit de l’opposition.
Ce monopartisme light connaît une recrudescence du tribalisme où tous les postes stratégiques sont détenus par des cadres appartenant à une même ethnie.
Tous les symptômes de l’ancien ordre sont de nouveau activés avec la nette différence de la présence des partis d’opposition qui attendent que le régime leur accorde quelques miettes de circonscriptions électorales alors que la nature présidentialiste du régime n’offre aucune marge de manœuvre aux députés, fussent ils démocratiquement élus.
C’est ainsi que lorsque nous parlons de RUPTURE, nous disons que notre pays a besoin d’une nouvelle culture politique pour sortir définitivement de l’ancien ordre et de sa culture politique. Car appartient à l’ancien ordre, tout acteur politique qui manifeste les stigmates de la culture politique de l’ancien ordre.
Soyons plus déterminés que jamais pour que triomphe LA RUPTURE contre l’ancien ordre politique, aujourd’hui restauré dans notre pays.
Maître BRICE NZAMBA
© Cercle La Rupture, Décembre 2011
Retrouvez cet article sur Twitter @CercleLaRupture
11.12.2011. 22:02
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